Δ K Â L A T'OUVRE SES PORTES Δ

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masques & faux semblants ? — léandre

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Eris Argéades
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MessageSujet: masques & faux semblants ? — léandre Ven 24 Aoû - 2:21

quand l'enfer frappe à la porte
léandre & eris
Les jours ne se ressemblent pas souvent à Argéades Corporation. Il y a toujours des nouvelles tâches à faire, de nouvelles collaborations à établir, des idées prometteuses qui font leur apparition et qui ne demandent qu’à être concrétisées. Chaque matin, nous arrivons tous dans ces locaux qui transpirent la modernité et le prestige de toute son histoire avec la question de savoir de quelle manière nous allions convaincre les clients de la bonne nécessité de se procurer le nouveau produit fraichement sorti des laboratoires et qui ne tarderait pas à trôner dans nos boutiques. Ce n’est certainement pas le plus amusant des boulots mais ça reste enrichissant et c’est avant tout le gage d’un avenir assuré et celui d’une richesse promise. Cela fait si longtemps que je suis embarquée là-dedans et je m’y sens pleinement à l’aise. En même temps, pourquoi ne le serais-je pas ? Mon père est à la tête de cette entreprise et il me met à disposition tout ce dont j’ai besoin pour bien gérer ma position. Je lui dois beaucoup, c’est vrai, mais cela va de soi lorsque l’on décide d’avoir des enfants. Si je ne me montre pas vraiment ingrate à son égard, je profite toutefois énormément de tous ces avantages qui s’offrent à moi.
 
« Quoi, tu n’as pas encore fini, Hécate ? Il te faut combien de cafés pour devenir compétente ne serait-ce qu’une seule fois dans ta vie ?! Je dois rendre ce dossier dans quinze minutes alors dépêche-toi ! » Râle ma voix, accompagnée d’un soupir d’agacement et d’un roulement des yeux comme je le fais très fréquemment lorsque quelque chose est loin de me convenir.
 
La jeune femme aux boucles rousses et aux yeux émeraude à peine âgée de vingt-deux ans se replie presque sur elle-même, la mine rougie par la gêne et très certainement la honte. C’est bien pour cela que je l’ai choisie, celle-là ; elle est plus jeune que moi, est docile et elle se contente d’exécuter mes ordres sans ne jamais rien contester. Et puis, il s’agit de l’une des plus compétentes que le service des recrutements a fait passer même si j’ai tendance à penser qu’elle pourrait se bouger un peu plus le train arrière tout en conservant la qualité de son travail global.
 
« Bien, madame. Je vous prie de m’excuser, cela ne se reproduira plus. » Répond doucement Hécate en se redressant dans une posture droite et un peu moins incommodée.
 
Cette gamine finit par se rassoir et je l’observe une dernière fois avec fermeté avant de m’enfermer à nouveau dans mon bureau. Un sourire éclatant finit par s’étirer sur mes lèvres tandis que je m’installe à nouveau sur mon fauteuil des plus moelleux tout en consultant sur Internet un site de fringues en vogue. Cela doit bien faire une bonne heure que j’ai laissé tomber la paperasse pour la reléguer à ces bons larbins qui font guise d’assistants et me permettre de me détendre. Il est peut-être neuf heures du matin mais j’ai passé une nuit suffisamment intense pour presque en avoir des cernes aux yeux. Le dernier gentleman m’ayant logé chez lui avait été particulièrement divin et j’en garde un très bon souvenir.
 
Cliquant ici et là, ajoutant une autre bonne dizaine de robes à mon panier, je ne fais même pas attention au prix. En fait, je ne regarde jamais le total. A quoi bon ? Je peux tout me permettre. Scannant les minutes gravées sur mon poignet gauche à l’aide d’un appareil à cet effet, je conclus ma commande. Si tout va bien, je devrais pouvoir la recevoir le lendemain.
Lorsque je relève les yeux vers la porte, c’est suite aux petits coups frappés par Hécate. Je m’avance et finis par lui faire face, mon visage ayant repris ses traits autoritaires. Elle me tend le fameux dossier complété et après l’avoir vérifié très rapidement, je hoche la tête et la renvoie à ses propres tâches avec un maigre sourire. Voilà une chose en plus de faite ! Satisfaite, je guide mes pas jusqu’au couloir puis vers l’ascenseur. Je n’ai qu’un étage à monter mais ma flemmardise aigüe me rend allergique aux escaliers. A l’intérieur de celui-ci, d’autres employés sont présents mais ils ne sont pas suffisamment importants pour que je daigne leur adresser le moindre salut, ni le moindre regard. Ce ne sont que des pions. Deux bonnes minutes plus tard, je suis rendue au dixième étage au bout duquel le nom de « Léandre Argéades » est plaqué d’or sur la porte de son bureau. J’arbore toujours cet air blasé lorsque je le lis. A mes yeux, il manque de tout pour bien réussir convenablement et pour devenir quelqu’un de charismatique ou de remarquable. La naïveté et le désintérêt qu’il éprouve pour certaines choses qui nous tiennent à coeur le rongent comme une maladie.
 
Frappant brusquement à sa porte ‒ comme à mon habitude et juste parce que c’est lui qui est derrière ces murs ‒ je patiente quelques secondes avant d’entrer et le tout, sans forcément attendre son aval parce que je sais pertinemment que cela l’énerverait tout comme lorsque j’étais gamine et que je me permettais d’entrer dans sa chambre selon mes envies pour le simple plaisir de lui casser les pieds.
 
« Tiens, je viens de terminer ce dossier pour toi, lancé-je avec raideur tout en lui jetant presque le petit classeur sur son bureau. Ce sont les résultats des études de marché pour la nouvelle gamme de crèmes hydratantes. »
 
Cela lui servirait pour la promotion des produits en question dans l’élaboration de son planning stratégique.
electric bird.


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Léandre Argéades
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MessageSujet: Re: masques & faux semblants ? — léandre Lun 27 Aoû - 17:03

Un grand bruit résonne dans mon bureau. Je sursaute, de surprise, comme si on me dérangeait en pleine séance de méditation, et ça pourrait presque être le cas, mais je ne suis pas comme ça, je ne suis pas le genre de mec à utiliser le temps où il bosse pour faire autre chose que la tâche qu’on lui a confié. Pourtant, j’en connais qui ne se gêne pas, il n’y a qu’à voir le bureau voisin du mien, ma collège aux ressources humaines passait la plupart de son temps à fouiller les profils sur les réseaux sociaux de nos employés chez Argéades Corporation et une autre partie du temps à faire ses exercices de yoga. Je n’avais rien contre ce genre d’activités, mais je voyais d’un mauvais œil de les faire au bureau. Et mon père aurait sûrement été d’accord avec moi si je lui en avais parlé mais nos relations étaient bien trop tendues pour que je le fasse. Non, moi j’étais un artiste dans l’âme, je n’avais jamais pu faire de ma passion un métier, alors que j’aurai adoré passer mes journées à peindre ou même à sculpter, mais non, il avait fallu que j’assure la succession de notre famille et que je travaille pour l’entreprise familiale. Un travail qui ne devait être que de façade, car nous avions suffisamment de minutes pour ne pas avoir à travailler. Mais nous ne pouvions garder le respect de nos subordonnés si nous n’étions pas nous-même au travail. Alors que je levais la tête j’aperçus avec nonchalance l’entrée fracassante de ma sœur. Ma chère sœur. Que je suis bien obligé de supporter depuis maintenant plus de vingt-six ans et que je vais devoir supporter encore un siècle ou deux vu le nombre de minutes à nos compteurs respectifs, à moins qu’elle ne finisse par épuiser son temps à acheter tout le temps de nouvelles tenues de créateurs. Elle était l’archétype même de la privilégiée, ne comptant pas son temps, le dépensant à tort et à travers, une éducation que j’avais moi-même reçu mais que je respectais avec bien plus de modération. J’aimais les belles choses, je ne pouvais pas dire le contraire, mais je n’avais pas cette fièvre acheteuse compulsif, non, je préférais choisir chacune de mes tenues avec soin et réflexion, comme chacune des œuvres d’art que j’achetais pour mon intérieur, et d’ailleurs mon bureau en comptait plusieurs, preuve de mon plus grand intérêt pour l’art. On peut se demander pourquoi un homme d’affaire collectionnait les œuvres d’art dans son bureau mais pour ma défense, j’étais en charge de la communication, seule branche peut-être de l’entreprise où je pouvais utiliser mes compétences artistiques. Ainsi, j’avais la chance de travailler toute la journée entourée de belles œuvres, comme ce tableau représentant un étang un après-midi estival, ou encore cette sculpture de mythologie grec, Artémis et sa biche, dans une scène de chasse virginal que j’appréciais tout particulièrement.

Mon invitée impromptue ne comprenait pas cet amour de l’art, mais en même temps qu’aurait-elle pu comprendre, elle qui n’avait jamais eu d’autre goût dans la vie que de dépenser des minutes dans son petit cercle de privilégiés et à considérer toute personne moins riche qu’elle comme inférieure ? Alors même qu’elle avait fait des études de commerce, elle s’évertuait à donner des ordres toute la journée plutôt qu’à véritablement travailler. Mais je ne devais pas m’en étonner, c’était ma sœur, et je savais très bien que nous avions tous deux une conception radicalement opposée de la vie, de la société. Là où je compatissais, elle vomissait son mépris sur les petits gens. Une attitude que je n’avais jamais appréciée. A ses yeux, j’étais un rêveur, aux miens, elle était une peste. Voilà comment pouvant se résumer notre relation et pourtant nous devions travailler ensemble, pour mon plus grand malheur. Je relevais donc les yeux des planches du prochain produit sur lequel je travaillais pour les poser sur elle et sa furie ambulante. Elle n’avait pas pris la peine d’attendre mon assentiment pour rentrer dans mon bureau, tout comme elle ne le faisait déjà pas plus jeune pour rentrer dans ma chambre, ce qui m’avait toujours beaucoup énervé. Comme si elle pensait que ses minutes la dispensait de respecter mon intimité. C’était irritant à souhait ! Tout comme sa façon de me jeter le dossier sur le bureau, au milieu de mon travail actuel. Je ne pus m’empêcher de lui répondre froidement. Certes j’avais conscience de jeter de la chair fraîche à la lionne qu’était ma sœur, mais je ne m’écraserai pas devant sa suffisance. Jamais. J’étais peut-être doux et gentil, mais je la supportais déjà trop pour me laisser faire au bureau.

Père ne t’a donc jamais appris à attendre qu’on te donne la permission avant d’entrer ? Laisse-moi deviner, c’est Hécate qui a fait ce dossier ? Ca me rassurerait, car je sais qu’elle travaille bien cette fille, elle mériterait même une promotion.  Car si c’est toi qui as collecté les données, préviens-moi, que je fasse retravailler le dossier par un assistant. Je la regarde avec une lueur moqueuse. Une crème hydratante ? Pour la peau ou pour le cœur ? Si c’est le second choix, tu devrais en acheter, tu as assez de minutes non ?

Plus sérieusement, je me lève malgré les réponses assassines que je pressens, pour m’approcher du tableau numérique à côté du bureau, et y ouvrir les photos du produit fini. De la crème hydratante, comme si nous n’en vendions déjà pas assez … Le pot coûtait l’équivalent d’un mois en minutes. Comme si on oubliait toute une partie de la population…

A mettre en forme
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